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Je suis né d’une étoile noire.

C’est ainsi que commence et se termine mon histoire : les dés sont jetés au premier mot de la toute première ligne.

Je suis un être zéro, un vivant sans poumons, un astre sans atome. La seule chose à laquelle j’excelle, c’est la destruction. Mais je suis incapable de me détruire moi-même. C’est pourquoi en cet Univers, je n’ai qu’un seul dessein à accomplir.
 

Je les annihilerai comme j’ai été annihilé.

Alea Jacta Est.
 

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Je n’étais que poussière lorsque je me suis extirpé du ventre de ma mère. Je ne l’ai connue qu’une fraction de seconde : elle s’est effondrée sur elle-même après m’avoir donné naissance. J’ai élu domicile dans l’espace, enveloppé de vide et de silence.

Je suis né adulte. Mes mains font la taille de huit voies lactées. Des fils pendent à mes doigts et flottent dans l’espace. Je suis né Créateur. Je ne mange pas, je ne bois pas, je ne respire pas : pour exister, je crée.
Je pensais être unique en mon genre. Mais eux aussi sont Créateurs. Nous avons les mêmes mains, les mêmes dons.

Mais ils créent des soleils pour réchauffer les planètes les plus froides. Ils créent des galaxies pour combler l’antimatière. Ils créent des étoiles pour faire rêver les enfants. Leurs comètes sont des virgules vagabondes, leurs voies lactées une profusion de points d’interrogation, leurs supernovas des points d’exclamation assénés à la Mort.

J’ai vu les Créations qui naissent de leurs planètes : ils ont des rêves, de l’espoir, des croyances. Ils bâtissent des murailles de cent fois leur taille, envoient des fusées sur la Lune.

Mes Créations ne sont que des pantins. Ils vivent dans un cauchemar. Ils répandent les cauchemars autour d’eux. Ils ne croient en rien, sinon en leur propre finitude. Ils piétinent sur des routes désertes, dansent jusqu’à tomber d’épuisement, se rongent les ongles jusqu’à ne plus avoir d’os. Ils se complaisent à perpétuer un passé qui ne cessera jamais, ô jamais de se répéter. Et tout les ramènera toujours à moi ; car ils sont moi, et je suis eux.
 

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Ma première Création fut une graine. Je n’avais pas la moindre idée du résultat, mais vous connaissez l’exaltation des premières œuvres : rien ne paraît impossible.

Je souhaitais que ma graine donne naissance à un soleil, ou bien à quelque chose dans la même veine que ce que cet autre dieu m’avait montré : une bille bleue tachetée de vert. À première vue, il n’y avait pas vraiment de quoi s’extasier. Mais cette sphère était remplie de mers, de forêts, de sable, elle pouvait accueillir le feu, elle pouvait accueillir le vent, elle pouvait accueillir la vie — et sept jours avaient suffi pour modeler une merveille pareille.

Alors, dès que je le pouvais, j’arrosais ma graine. Mais je ne pouvais cesser de penser à cette "Terre". Et si rien ne sortait de ma graine ? Et s’il en naissait quelque chose de difforme ? Que deviendrais-je ?

Je voulais être vu.

Je voulais être entendu.

Que mes dissonances, à leurs oreilles, fassent sens.
 

Je suis un Créateur. Je suis un Créateur. Je suis un Créateur.

« Le sort en est jeté », répétais-je encore et encore en abreuvant ma graine.
 

En ces termes, on m’appela Alean.
 

Ils louchaient sur ma graine, la tournaient et la retournaient du bout des doigts, et disaient : « On est tous passés par là. Vouloir ne fait pas tout. Parfois, trop d’ambition peut tuer une Création. »
 

Ce qui naquit de ma graine ne fut autre qu’un soleil noir.

 

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Sur Terre vivait une humaine qui n’avait rien demandé de plus qu'une petite parcelle de paix intérieure.

Elle s’appelait Alice, Amélie, Dorothée, Wendy, Moonee, Louna, Mira. Elle faisait des ricochets dans l’eau en évitant les crapauds, observait le croissant de lune en s’imaginant croquer dedans, tirait des plans sur la comète. Elle n’était pas particulièrement intelligente, ni douée pour quoique ce soit, si ce n’est pour s’égarer cent fois dans sa tête.

 

Alors dites-moi comment cette simple humaine a-t-elle réussi à créer une planète ?

 

Une seule nuit lui a suffi pour achever ce que j’ai tenté en trois millénaires : une étoile qui vit, respire, tourne sur elle-même — même si c’est à l’envers. Peut-être la chance du débutant. Peut-être parce qu’elle est si jeune. Peut-être parce qu’elle est si naïve.

Je me vois rapetisser mille millions de fois pour l’approcher en catimini. Faire trois pas vers elle, tâchant de déplacer le moins d’atomes possibles, il ne faudrait pas rompre son atmosphère. Je vois ses yeux posés sur moi ; elle ne me connaît pas, mais elle n’a pas besoin de savoir mon nom. Son sourire est généreux, son sourire est gratuit, une anomalie. Je lui tends ma main, et sa main, de la même taille que la mienne, atterrit au cœur de ma paume. Je l’entraîne dans la valse, je cueille sa taille entre mes griffes, la fais tourbillonner sur elle-même, enroule ses longs cheveux autour de mes phalanges redevenues géantes, je la remue, je la secoue, une poudre de paillettes fuit ses oreilles jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus rien, rien de plus qu'un lointain souvenir de la planète qu’elle avait un jour créée et qu’elle ne pourra plus jamais ne serait-ce qu’effleurer.

Les étincelles sont miennes. Je peux tout faire. Tout. Je suis partout. Je suis Tout-Puissant. Je suis Créateur.

Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créateur. Je suis Créa

 

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Rien ne fait sens. Dans mes oreilles, il n’y a que des interférences. Un bourdonnement continuel de voix piétinant d’autres voix pour se faire entendre. Une bouillabaisse de mots pour conter l’histoire de l’Univers, la raison de notre Existence. Et rien ne fait sens.

 

Alors je n’ai pas peur d’alimenter le chaos avec mes divagations, mes errances, mes divergences. Mais, enfermé dans cette pièce sans porte ni fenêtres, condamné à perpétuité pour avoir jeté dans mon soleil noir les Créations d’autres Créateurs, ma voix se heurte aux murs, mes mots se transforment en maux autodigérés.

 

Quand reverrai-je ma maison, les étoiles ? Les reverrai-je un jour ? Je l’ignore.

 

Mais je reviendrai, ça je vous le promets. Et j’apporterai mes nouveaux Pantins avec moi.

Toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite [source manquante]. Toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite [source manquante]. Toute ressemblance ave

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S I T E E N C O N S T R U C T I O N . . .

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